Déclaration finale relative à la 3ème édition de l’Economie Business Summit à Paris

L’Economie Media Group, entreprise de presse camerounaise a organisé le 1er juillet 2025 à Paris, la 3e édition de son évènement annuel « L’Economie Business Summit ». Le forum a réuni plus de 200 personnalités influentes, issues du monde des affaires, de la politique et de l’économie pour discuter des opportunités d’investissement et de croissance en Afrique Centrale. Voici la déclaration finale de cet événement majeur, qui résume les principaux points abordés et les recommandations formulées par les participants.

Excellences, Mesdames, Messieurs, distingués invités, chers experts,

Après deux premières éditions réussies en terre ancestrale notamment au Hilton de Yaoundé sis au Cameroun, la 3ème édition de l’Economie Business Summit a réussi le challenge de se déplacer auprès de la diaspora africaine ainsi que des investisseurs et décideurs européens en ce 1er juillet 2025 à La Défense situé à l’ouest de Paris, reconnu comme le plus grand quartier d’affaires d’Europe et le quatrième plus attractif au monde derrière La City (Londres), Midtown (New York) et Marunouchi (Tokyo), mais devant Canary Wharf et le Financial District. Le premier média économique d’Afrique Centrale, l’ÉCONOMIE International organise le premier colloque hors les murs sur ce site, perçu comme le cœur du capitalisme français et emblème de la puissance du monde bancaire et financier, comme tout un symbole de la détermination africaine de conquête économique.

Le quartier regroupe plus de 1 500 entreprises, dont 40 % sont d’origine étrangère, 75 % des sièges sociaux, 15 entreprises du Fortune Global 500 y sont implantées. Il héberge des institutions majeures comme l’Autorité Bancaire Européenne (EBA), renforçant son rôle stratégique dans la régulation financière européenne.

C’est dans ce décor entrepreneurial que s’ouvre l’édition parisienne sous le thème « Afrique Centrale : marché d’opportunités, relais de croissance et d’investissement » pour mettre en lumière le potentiel stratégique de cette région pour les investisseurs, les institutions financières et les acteurs du développement. Les besoins en financement pour la transition verte et les infrastructures sont estimés à 128 milliards USD entre 2020 et 2030.

Durant cette journée d’échanges de haut niveau, une séance inaugurale, deux ateliers et trois axes majeurs ont structuré les travaux sur le format de tables rondes.

Permettez-moi, en ma qualité de présidente de la commission scientifique, Excellences, Mesdames et Messieurs, distingués invités, chers experts, de partager avec vous les enseignements clés et les recommandations concrètes qui en émanent.

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude à l’ensemble des intervenants, participants, institutions partenaires et bénévoles étudiants sans oublier notre sponsor Platinum, Elite Capital Group qui ont contribué à la richesse des échanges et à saluer la qualité exceptionnelle des réflexions menées, la diversité des expertises mobilisées et l’engagement collectif en faveur d’une Afrique Centrale ambitieuse, résiliente et tournée vers l’avenir.

La séance inaugurale a insufflé un air prospectif d’ouverture de l’Afrique Centrale et nous a invité à penser son futur non pas comme une simple projection interne au sens de l’entre-soi sous-régional, mais comme une véritable dynamique partenariale dans un regard croisé entre Sud et Nord. Cette vision partagée ici à Paris, capitale mondiale de l’innovation, du dialogue économique et de la coopération internationale, est la clé pour relever les défis qui se dressent devant nous.

A l’image du mot d’accueil en terre française de Monsieur François BROTTES, Conseiller à la Cour des Comptes, Ancien président du directoire RTE, ancien député de l’Isère, ancien conseiller de François Hollande, la 3ème édition de l’Economie Business Summit s’ouvre avec « alchimie c’est celle du partenariat. C’est un mot un peu galvaudé, car il est employé « à toutes les sauces ». Il faut inventer des alliances entre gens qui se respectent, où le rôle de chacun est clairement défini, clairement accepter par les autres. » en concluant « que le maître mot pour réussir à déployer un projet c’est la confiance. »

C’est ainsi que Monsieur Stanislas Adrien YADENZI, directeur adjoint en charge du crédit, représentant personnel du Gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC), aborde la mission de la BEAC pour contribuer à construire cet écosystème de confiance en « tirant les leçons des récentes crises financières et fort de l’expérience des autres banques centrales » avec l’instauration du « guichet spécial de refinancement conçu pour stimuler la croissance économique en facilitant l’accès au financement pour les entreprises qui souhaitent investir dans des projets générateurs de revenus et d’emplois dans la CEMAC ».

Rentrant la veille du Cameroun, Monsieur Michel FOSSAERT, expert en communication d’entreprise et stratégie de communication, membre du Conseil d’Administration de la WUSME (World Union of Small Medium Entreprises) président d’Agro Finance Africa, invite en complément des dispositifs institutionnelles à élaborer des solutions de financement alternatives ne reposant pas principalement sur les garanties traditionnelles en faveur notamment de l’agro-business.

En outre, le Sponsor Platinum de l’ÉCONOMIE Business Summit représenté par Monsieur Mathieu EBANDA ENYEGUE Administrateur General ELITE CAPITAL Group S.A, souligne l’importance de développer un marché financier solide, inclusif et transparent en Afrique centrale pour mobiliser les capitaux nécessaires à la transformation structurelle des économies africaines en précisant le rôle d’acteur majeur en Afrique Centrale des deux filiales ELITE CAPITAL SECURITIES CENTRAL AFRICA S.A, société de bourse ainsi que ELITE CAPITAL ASSET MANAGEMENT S.A, société de gestion d’OPCVM, en faveur du

« développement de marchés financiers solides, inclusifs et transparents, condition essentielle pour mobiliser les capitaux nécessaires à la transformation structurelle de nos économies ». Leur objectif consiste à « offrir des solutions d’intermédiation et de gestion d’actifs adaptées aux besoins des investisseurs locaux, régionaux et internationaux, tout en contribuant à la profondeur et à la crédibilité du marché financier. » de la sous-région.

Enfin, cette séance s’achève par la communication inaugurale de Monsieur Joel Daniel MONEFONG Chairman du Groupe CONTACTURER, qui précise que la 3ème édition de l’Economie Business Summit « n’est pas seulement une vitrine de projets ou de chiffres. C’est un espace de dialogue, un lieu d’engagement et de construction collective. Car bâtir un avenir durable pour l’Afrique Centrale nécessite une alliance forte entre le secteur privé, les institutions, les diasporas et les partenaires internationaux. ».

Il rappelle que l’Afrique centrale, se distinguant aujourd’hui par une jeunesse dynamique, une richesse naturelle abondante, une diversité culturelle, une transformation économique en cours, offre des opportunités dans l’innovation, l’industrialisation, le numérique et les infrastructures. Pour maximiser ce potentiel, il est essentiel de renforcer les secteurs clés et de promouvoir une croissance inclusive et durable.

En réponse au mot d’accueil de Monsieur François BROTTES, Conseiller à la Cour des Comptes, Ancien président du directoire RTE, ancien député de l’Isère, ancien conseiller de François Hollande, il démontre la vision partagée sur l’Afrique Centrale en affirmant que « nous avons besoin d’investissements, oui. Mais plus encore, nous avons besoin de partenariats responsables, fondes sur le respect, la transparence et le partage de valeurs. Investir en Afrique Centrale, ce n’est pas seulement chercher la rentabilité : c’est parier sur l’humain, sur !’innovation, sur la jeunesse africaine. »

C’est donc avec cette ambition partagée que nous engageons nos travaux, convaincus que la dynamique partenariale et l’intelligence collective aboutiront à des solutions actionnables qui nous permettront de bâtir un avenir durable et prospère pour la sous-région d’Afrique Centrale et notre continent en lien avec l’Europe.

Excellences, Mesdames, Messieurs, distingués invités, chers experts,

Le premier atelier est lancée par Maitre Florin LATA, avocat spécialisé en droit de la propriété intellectuelle, associé au sein du cabinet VOKSHI & LATA et partenaire exclusif de REACT (The AntiCounterfeit Network) pour le Kosovo, démontrent que les Balkans et l’Afrique centrale partagent des défis structurels similaires : fragmentation politique, reconstruction post-conflit, Population jeune et dynamique, transition économique, faible intégration régionale, mais aussi un potentiel de coopération. Ces deux régions sont à un tournant stratégique. Si les réformes internes aboutissent et que les partenariats interrégionaux se renforcent, l’Afrique centrale et les Balkans pourraient devenir des acteurs économiques et géopolitiques plus influents dans leurs sphères respectives.

Notre première séquence a été consacrée aux « Perspectives macroéconomiques d’Afrique Centrale : Gouvernance, climat des affaires et cadre réglementaire » afin de poser le contexte institutionnel et économique actuel. Ce panel a ainsi détaillé les défis structurels et les leviers de croissance pour l’Afrique Centrale dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique, la digitalisation et les tensions géopolitiques.

Les données présentées aujourd’hui confirment que l’Afrique Centrale, avec une population estimée à plus de 219 millions d’habitants en 2025, représente 2,67 % de la population mondiale. Cette croissance démographique s’accompagne d’une urbanisation rapide, avec plus de 65 % des emplois concentrés dans le secteur informel, principalement dans les services à faible productivité.

Malgré une reprise modérée post-COVID, la région affiche une croissance projetée entre 3,5 % et 4% en 2025, avec une accélération attendue à 4,3 % en 2026-2027, portée par la consommation privée et les investissements.

Les investissements étrangers directs restent concentrés dans les secteurs extractifs, avec une forte dépendance aux hydrocarbures. Le solde budgétaire régional est passé à un déficit de -1,5 % du PIB, et le ratio de la dette publique dépasse les 70 % du PIB dans certains pays comme le Congo et le Gabon. Les intervenants ont souligné la nécessité de renforcer les facteurs déterminants de confiance, notamment : la transparence, la lutte contre la corruption et la stabilité institutionnelle pour attirer les investissements.   La faible intégration régionale requiert l’harmonisation des politiques économiques et financières au sein de la CEMAC est jugée essentielle pour créer un marché plus attractif et résilient ainsi que les réformes des organisations tels la CEMAC, COSUMAF, BEAC ou encore BVMAC afin de clarifier et renforcer le fonctionnement du marché financier régional.

Les recommandations retenues consistent à :

  • Renforcer la gouvernance économique et institutionnelle :

En s’inspirant du modèle de l’Agence Nationale des Investissements du Gabon (ANPI-Gabon) qui centralise les démarches administratives pour les investisseurs ou de l’API (Agence de Promotion des Investissements) au Cameroun qui a lancé une stratégie nationale sur l’intelligence artificielle pour moderniser l’administration et les services publics

  • Améliorer la lisibilité réglementaire en harmonisant les textes et instructions des régulateurs la sécurité juridique et en simplifiant les procédures administratives
  • Accroître la stabilité institutionnelle et politique pour favoriser les investissements de long terme
  • Développer la transparence économique et financière avec la mise à disposition des données dans le secteur public et pour le secteur public
  • Améliorer la gouvernance d’entreprise par des pratiques de gestion conformes aux standards internationaux
  • Encourager et valoriser les partenariats public-privé en lien avec la Diaspora et les organismes internationaux à l’image du projet de fibre optique CAB (Central African Backbone), cofinancé par la Banque mondiale et les États de la région.
  • Créer des observatoires économiques régionaux : à l’image de l’Observatoire Économique de la CEMAC, pour suivre les indicateurs de performance, anticiper les crises et orienter les politiques publiques.

La seconde table ronde est relative au « Focus des secteurs porteurs et niches d’investissement : où investir en Afrique Centrale ? ».

La région connaît une dynamique croissante dans plusieurs secteurs stratégiques, malgré une part encore modeste dans les investissements globaux du continent, les intervenants partagent les observations sur les principales tendances.

En termes, d’infrastructures de transport et logistique, l’Afrique centrale souffre encore d’un déficit d’infrastructures interconnectées (routes, chemins de fer, ports). La construction de corridors de transport (routes, chemins de fer, ports secs) permettra de désenclaver les zones intérieures. Le développement de zones économiques spéciales (ZES) et de parcs industriels représente également une pour attirer les industries manufacturières.

Les investissements en énergies renouvelables en Afrique subsaharienne ont diminué, passant de 5,3 milliards USD en 2019 à 3,6 milliards USD en 2022. Toutefois, l’Afrique centrale affiche une progression grâce à des projets structurants tels que l’électrification de Douala (178 M USD) et les financements d’Afreximbank (4 Mds USD pour infrastructures et énergie). L’objectif régional reste ambitieux : fournir l’électricité à 571 millions de personnes. Or en matière de capital naturel la région abrite le bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète. La valorisation des services écosystémiques (carbone, biodiversité) peut ainsi générer des revenus durables tout en luttant contre le changement climatique. Les projets hydroélectriques, solaires et biomasse contribuent à répondre à la demande croissante en énergie.

Le marché africain du mobile money est estimé à 39 milliards USD d’ici 2025. L’Afrique centrale se distingue par une forte croissance, illustrée par la levée de fonds de Gozem (18,7 Mds FCFA) pour le développement au Cameroun et au Congo. Plus de 514 millions d’utilisateurs actifs sont recensés, avec une adoption marquée dans les zones rurales.

Au niveau de l’AgriTech et de l’agriculture durable, plus de 1,5 milliard USD ont été levés entre 2024 et 2025 par plus de 400 startups africaines. Les innovations ciblent la réduction des pertes post-récolte, l’irrigation intelligente et la traçabilité via blockchain. Exemples notables : AkoFresh (stockage solaire), iFarming (IoT pour irrigation), Farmonaut (imagerie satellite).

L’Afrique centrale importe encore massivement des denrées alimentaires.

Le développement de filières agro-industrielles locales (manioc, cacao, huile de palme) est une opportunité de croissance inclusive afin de contribuer à la souveraineté alimentaire et agro-industrie car la transformation locale de produits agricoles (manioc, cacao, huile de palme, café) doit être développée. Il est encouragé d’investir dans les chaînes de froid, les centres de conditionnement et les plateformes logistiques agricoles.

Le secteur de l’éducation et du e-learning connaît une forte expansion, avec plus de 1 200 participants à e-Learning Africa 2025. Les tendances incluent les plateformes hybrides, la formation professionnelle et l’inclusion numérique. L’objectif continental est de renforcer les compétences numériques et techniques d’ici 2030.

En termes d’immobilier et de construction, les rendements annuels sont attractifs :

Résidentiel : 8–12 %

Commercial : 10–15 %

Industriel/logistique : 12–18 %

Les villes moteurs incluent Douala, Yaoundé, Brazzaville, Pointe-Noire et Libreville. Les projets concernent des centres commerciaux, logements haut de gamme et zones logistiques.

La discussion a donc mis en lumière les secteurs stratégiques et les niches d’investissement les plus prometteuses en Afrique Centrale, dans un contexte de transformation économique accélérée, de croissance démographique et d’urbanisation rapide :

Technologie et innovation : Fintech, e-commerce, IA et cybersécurité sont en forte croissance, portés par une jeunesse connectée et une demande accrue de services numériques. Le déploiement d’infrastructures télécoms (fibre optique, 4G/5G) facilite inclusion technologique.

Énergies renouvelables : Le solaire, l’éolien et l’hydroélectricité offrent des opportunités majeures, notamment pour les zones rurales et les projets de microgrids

Agriculture et agri-tech : L’agriculture durable et l’agri-tech (drones, capteurs, IA) sont des leviers clés pour la sécurité alimentaire et l’exportation

Infrastructure et construction : Routes, logements, logistique et transport urbain sont des domaines en forte demande dans les capitales régionales

Industrie manufacturière : La transformation locale des ressources naturelles (minerais, pétrole, gaz) et le développement de l’industrie textile et automobile sont en expansion

Santé et biotechnologie : Télé-médecine, production pharmaceutique locale et biotechnologie à base de plantes sont des niches à fort potentiel. Construction d’établissements de santé modernes et de centres de formation professionnelle.

Éducation et e-learning : L’enseignement à distance et la formation technique sont essentiels pour accompagner l’industrialisation et la montée en compétences

Tourisme et loisirs : L’écotourisme et le tourisme d’affaires gagnent en attractivité, notamment dans les pays stables politiquement

Finance et capital-risque : Les marchés financiers régionaux et les fonds d’investissement ciblés (notamment en tech et agriculture) attirent de plus en plus de capitaux

Consommation et services : L’essor de la classe moyenne stimule la demande dans les secteurs de l’alimentation, de la mode, des cosmétiques et des télécommunications

A cet effet, les intervenants ont été unanimes, qu’il est crucial de :

  • Investir dans l’éducation et la formation professionnelle :

En développant des centres comme le Centre de Formation Professionnelle de Pointe-Noire au Congo, qui forme aux métiers industriels et numériques.

  • Favoriser l’inclusion et le capital humain

Par la mise en œuvre des politiques de formation professionnelle et d’inclusion des jeunes et des femmes comme le programme « Women in Tech » au Gabon forme des jeunes femmes aux métiers du numérique, avec un taux d’insertion professionnelle supérieur à 70 %.

  • Accélérer la diversification économique :

Il soutenir des projets à fort potentiel en valorisant les chaines de valeur locale pour réduire la dépendance aux exportations.

C’est le cas de La Centrale du Commerce au Cameroun, qui valorise les produits locaux et facilite l’accès au marché pour les PME. Le Gabon a levé 3 milliards USD pour financer ses infrastructures industrielles, et signé un accord de 500 millions USD avec Millenial Potash.

  • Renforcer les infrastructures régionales,

Cela consiste à booster les domaines de l’énergie, du transport et du numérique, pour améliorer la connectivité et l’attractivité des territoires.

  • Favoriser la coopération régionale :

Recommandation de la mise en place d’un fonds d’investissement régional dédié aux infrastructures transfrontalières, en partenariat avec la BAD et les banques locales.

  • Encourager les fonds spécialisés pour soutenir l’entrepreneuriat et l’innovation locale

Créer des véhicules d’investissement dédiés aux secteurs porteurs (agri-tech, énergie verte, fintech). A titre d’exemple, le fonds d’investissement « I&P Afrique Entrepreneurs » accompagne des jeunes entreprises innovantes en Afrique Centrale, notamment dans la santé et l’éducation. L’APROCM en RDC a signé un partenariat de 25 M USD pour soutenir les PME congolaises.

Nous avons enrichi notre journée d’échanges par un court moment cinématographique sur la corrélation entre l’identité culturelle et le développement économique avec la diffusion du documentaire LAPO CHAPE de Mélissandre MONATUS.

Bien que Lapo Chapé ne soit pas un documentaire économique au sens strict, il dévoile les mécanismes invisibles par lesquels l’identité culturelle, la couleur de peau et le métissage influencent les trajectoires économiques individuelles et collectives. Au regard des pertes de chance et rarement de privilèges implicites dans les sphères professionnelles, il appelle à une reconnaissance active de ces dynamiques pour construire une société plus équitable.

Le second atelier est animé par Viviane BONDOMA, économiste du développement, présentant le concept UKUZOLA basé un espace de vie partagé pour les entrepreneurs, leur permettant de se consacrer pleinement à leurs projets sans les contraintes financières habituelles. Ce modèle vise à réduire la précarité et à maximiser l’impact des initiatives locales.

L’objectif est polliniser des lieux de résilience entrepreneuriale dans tout le Sud global et de contribuer à limiter le réchauffement climatique en intégrant les innovations du Sud dans les solutions globales.

Notre troisième débat porte sur « Financer le développement et la croissance : quels leviers pour les investisseurs ? » avec l’objectif d’identifier les mécanismes de financement innovants et les leviers d’attractivité pour soutenir la croissance inclusive et durable en Afrique Centrale.

Le financement du développement de l’Afrique centrale se réalise actuellement entre dépendance et émergence car il reste dominé par les bailleurs publics.

Malgré les efforts de mobilisation des ressources internes, les pays de la CEMAC restent fortement dépendants de l’aide extérieure. Le rapport de la Banque africaine de développement souligne que les paiements d’intérêts absorbent désormais 27,5 % des recettes publiques en Afrique, ce qui limite la capacité des États à investir dans des secteurs productifs.

Il est en conséquence essentiel de mobiliser les capitaux privés, notamment via des partenariats public-privé (PPP) et des instruments innovants (fonds verts, obligations durables).

La Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) a connu une croissance significative depuis sa restructuration. La capitalisation boursière est passée de 153 à 463 milliards FCFA, et les encours de dette cotés ont atteint 1 490 milliards FCFA [3]. Ces chiffres traduisent une montée en puissance du marché financier régional, qui devient une alternative crédible au financement bancaire classique.

La BVMAC propose aujourd’hui trois grandes catégories de produits : actions, obligations (étatiques et corporate), et parts de fonds gérés par des sociétés de gestion de portefeuille.

En outre, l’écosystème financier est marqué par l’essor de l’intermédiation boursière et de l’asset management. Le secteur de l’asset management en zone CEMAC a doublé ses encours entre 2022 et 2024, passant de 370 à plus de 700 milliards FCFA. Ce développement est porté par l’émergence de sociétés de gestion locales, la structuration de fonds communs de placement (FCP) et l’introduction de produits innovants comme l’Asset-Assurance.

Les sociétés de gestion jouent un rôle stratégique :

  • Mobilisation de l’épargne locale pour financer l’économie réelle ;
  • Stimulation du marché financier via la BVMAC ;
  • Structuration du secteur financier avec l’émergence de nouveaux métiers ; • Inclusion financière, avec des produits accessibles dès 10 000 FCFA.

Toutefois, le secteur reste encore élitiste, avec une faible implication des particuliers. Le défi majeur reste l’éducation financière et la démocratisation de l’investissement. Pour finir, les experts de cette troisième et dernière session ont apporté les préconisations suivantes :

  • Promouvoir les produits financiers durables :

Mettre en œuvre les lignes directrices sur les obligations vertes, sociales et durables. Le développement d’un cadre pour les obligations durables (GSS bonds) a été salué comme un outil stratégique pour financer les infrastructures vertes, l’éducation et la santé. C’est aussi la possibilité de créer un indice ESG régional pour orienter les investissements vers les entreprises responsables, comme Société d’Énergie du Gabon qui investit dans le solaire.

  • Accélérer la mise en œuvre des réformes :

Finaliser les textes d’application notamment le Règlement Général 01/22/CEMAC/UMAC/CM pour sécuriser les investissements par la COSUMAF.

  • Renforcer la régulation et la supervision :

Mettre en place un cadre de régulation pour les crypto-actifs et les fintechs, afin de sécuriser les transactions et attirer les investisseurs numériques.

  • Structurer des projets bancables :

Améliorer la qualité des dossiers d’investissement pour attirer les financements institutionnels.

  • S’ouvrir aux instruments de marché :

Utiliser les émissions obligataires, les introductions en bourse et les fonds d’investissement comme sources alternatives de financement.

  • Renforcer l’éducation financière :

Lancer des campagnes ciblées pour sensibiliser les entreprises et les investisseurs aux opportunités du marché régional.

  • Booster la digitalisation de la finance :

L’essor des fintechs et du financement participatif (crowdfunding) dans la région ouvre de nouvelles perspectives pour les PME et les jeunes entrepreneurs. Il s’agit d’intégrer les solutions numériques pour améliorer l’accès au financement, notamment pour les TPE/PME.

  • Favoriser le Capital-investissement et fonds d’impact :

Les intervenants ont souligné l’importance de structurer des fonds régionaux spécialisés dans les secteurs stratégiques (agriculture, industrie, tech).

  • Accélérer l’intégration des marchés financiers :

Harmoniser les plateformes de cotation entre la BVMAC et les autres bourses africaines pour faciliter les investissements transfrontaliers.

Au terme des échanges, une conviction forte s’est affirmée : l’Afrique centrale se révèle être bien plus qu’un simple espace géographique : elle incarne un carrefour stratégique aux potentiels économiques encore largement sous-exploités. Sa position centrale sur le continent, la richesse de ses ressources naturelles, la jeunesse de sa population et l’émergence progressive d’un tissu entrepreneurial dynamique en font un marché de proximité prometteur et un relais de croissance incontournable pour les décennies à venir.

Cependant, pour que cette promesse devienne réalité, il est impératif de lever les freins structurels : améliorer la gouvernance, renforcer l’intégration régionale, moderniser les infrastructures et favoriser un climat d’affaires attractif. Les investisseurs, qu’ils soient locaux ou internationaux, ont un rôle clé à jouer dans cette transformation, à condition que les partenariats soient durables, inclusifs et mutuellement bénéfiques.

En somme, miser sur l’Afrique centrale, c’est faire le pari d’un avenir partagé, où croissance économique rime avec développement humain. C’est aussi reconnaître que les relais de demain ne sont pas toujours là où on les attend, mais là où l’on choisit d’investir avec vision et audace. Elle peut devenir un véritable relais de croissance pour le continent africain et au-delà, à condition de mobiliser l’ensemble des forces vives — publiques, privées, académiques et citoyennes.

Je me permets enfin de porter la voix de l’ensemble des participants que j’invite à se lever pour une ovation méritée avec des applaudissements et des chaleureuses félicitations au chef du comité d’organisation, et Directeur Général de l’ÉCONOMIE Média Group, Directeur de la publication de l’ÉCONOMIE International, Mr Thierry EKOUTI. Tout simplement BRAVO !

En conclusion, l’Afrique Centrale est prête à franchir un cap décisif pour devenir un acteur stratégique du développement africain. Les opportunités sont là, les talents sont là, les partenaires sont là. Il nous revient, en tant qu’acteurs engagés, de transformer cette dynamique en impact durable. Pour cela, il est essentiel de conjuguer ambition, innovation et coopération régionale et ouverture internationale. Les recommandations formulées aujourd’hui doivent servir de feuille de route pour les mois à venir, avec le vœu que les idées partagées ici se traduiront en actions concrètes et durables. Ensemble bâtissons l’Afrique Centrale de 2030, une région puissante par son capital humain et citoyen, résiliente par son économie, inclusive par son adaptabilité et rayonnante par son génie technologique et culturel.

Au moment où nous clôturons cette 3 édition de l’Economie Business Summit, je vous remercie pour votre confiance, votre présence, votre engagement et votre vision.

À très bientôt pour la 4 édition élargie à toute l’Afrique Francophone avec la même ambition et l’espoir renouvelé de penser, construire et investir ensemble une économie africaine forte pour un avenir prospère !

Vive l’Afrique Centrale, Vive l’Europe, vive l’intégration économique régionale et le partenariat international !

Par Louise de MAERTELEIRE-MBOUI,

  • Analyste financier, présidente de la commission scientifique de L’ECONOMIE Business Summit Fondatrice du cabinet AFT (Africa’s Finances & Territories) spécialisé en intelligence économique et ingénierie financière
  • Enseignante en finance d’entreprise, fiscalité locale et finances publiques à l’Université
  • Chargée de mission parlementaire du Cameroun au REPCOD pour la zone France
  • Directrice adjointe des finances du Val d’Oise
  • Présidente du réseau économique PROPULSE des pépinières d’entreprises du Cameroun

 

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